LA PRISE DE DÉCISION, Effet Miroir et Boomerang
26 Août 2017

LA PRISE DE DÉCISION, Effet Miroir et Boomerang

Derrière chaque décision, se cache notre Double…

 

Bientôt de retour de vacances, j’ai eu envie de partager ces quelques réflexions et émotions qui m’ont traversées tout récemment lors d’une décision importante que j’avais à prendre. Prendre une décision, c’est agir pour se libérer ou clôturer quelque chose.

Quel que soit le contexte ou l’enjeu, quelle que soit l’importance, faible ou élevée, chaque décision nous engage. Elle ne nous engage pas seulement avec les parties concernées, elle nous engage d’abord et avant tout avec nous-mêmes. Chaque prise de décision nous apprend sur notre degré de connaissance de soi, chaque prise de décision révèle nos forces ou nos faiblesses, chaque prise de décision confronte nos valeurs, chaque prise de décision renforce notre ancrage ou nous fragilise, consciemment ou inconsciemment.

Dans une décision, il y a l’Objet et il y a le Sujet.

L’Objet, c’est le « Quoi » ; de Quoi parle-t-on ?

Le Sujet, c’est le « Qui » ; de Qui parle-t-on ?

 

Quel est le lien entre la connaissance de soi et la prise de décision ?

Derrière l’Objet, il y a plusieurs questions : « suis-je à l’aise avec ça? » « suis-je capable de décider objectivement ? »,

Derrière le Sujet, il y a « qu’est-ce que ça me fait ? » « pourquoi ça m’émeut ou ça me met en colère ? » « qu’est-ce que je vais gagner ou perdre ? » « quels seront les enseignements et conséquences pour moi ? »

Lorsque j’ai du prendre cette décision très importante, tout se mélangeait dans ma tête et les questions fusaient de toute part de façon désordonnée, la pression des éventuelles conséquences, la pression du temps car j’avais peu de temps pour me décider, le jugement des autres, etc.

Alors c’est sûr que quand on met tout ça dans le même sac, ça devient lourd et la décision devient difficile à prendre et dans le pire des cas, est prise pour de mauvaises raisons. Donc on subit. Or, je n’avais pas envie de subir cette décision ; j’avais envie de la prendre et de l’assumer, tellement j’en mesurais l’importance.

Et c’est là qu’a démarré mon processus interne, que je connais certes bien et que j’ai pu encore mieux observer au fur et à mesure que j’avançais dans ma réflexion, car j’étais parfaitement consciente de ce qui se jouait.

 

Ce qui en ressort est toujours utile, même si vous n’y adhérez pas

Phase 1 : vous avez un problème ? Partagez-le plutôt que de rester enfermé-e dedans tout-e seul-e.

D’une part, ça soulage, même si ce n’est pas toujours facile d’en parler, d’autre part, ça rend votre problématique moins énorme. Et ce qui est intéressant dans ce partage, est de voir comment chaque personne s’approprie votre problématique et la retraite en fonction de lui ou d’elle-même. Il y a des histoires de transfert et de contre-transfert très enrichissantes. Ce qui en ressort est toujours utile, même si vous n’y adhérez pas, car ça nourrit, confronte, conforte, déstabilise éventuellement.

 

Je suis un animal hybride sur la 3ème dimension T/F

Phase 2 : En quoi est-ce important et quelles sont les différentes options (si elles existent) qui s’offrent à moi ?

Comme j’avais peu de choix, en clair « j’y vais » ou « je n’y vais pas », j’ai d’abord mis mon intuition de côté, sachant qu’elle me disait depuis un moment « n’y va pas ».

Pour ceux qui connaissent le MBTI, je suis un animal hybride sur la 3ème dimension T/F, qui concerne la prise de décision. Les personnes sont souvent, soit de profil « T », soit de profil « F ». En ce qui me concerne, je suis naturellement « F » lorsque je suis en confiance, mais les événements de la vie m’ayant amené à développer très fortement mon « T », j’ai la chance de pouvoir faire appel aux deux profils avant toute décision : Distanciation/Objectivité (voire Froideur) pour le « T », Empathie et Chaleur pour le « F ». C’est une combinaison gagnante !

J’ai donc fait un SWOT rapide pour poser ce qui se passerait si je n’y allais pas et ce qui se passerait si j’y allais. Et sur le papier, les choses devenaient plus claires. C’est important de faire cet exercice par écrit et pas seulement dans sa tête. Ça aide à prendre un vrai recul et à analyser les choses selon SOI.

Phase 3 : Qu’est-ce que ça me fait ? En quoi ça m’affecte d’y aller ou de ne pas y aller ? Quelles conséquences j’aurais à assumer après ça ? Serais-je capable de bien vivre cette décision ? Suis-je au clair avec moi-même ?

Bien sûr que cela me faisait quelque chose, que cela m’affectait d’y aller ou de ne pas y aller. Mais ayant l’exercice précédent (phase 2) et ayant fait le tour de moi-même depuis des années (et je continue), je savais exactement en quoi cela me touchait. Dès lors, quand on connaît la cause, on peut rechercher une solution qui permet de vivre ce renoncement sur le moment.

Petite astuce : avant de coucher, faites travailler votre Inconscient. Posez-lui LA question qui vous importe le plus et allez vous coucher. Je vous assure qu’il va travailler pendant que vous dormez et finira par vous apporter la réponse. Quand vous n’êtes pas habitué-e à cela, il n’est pas entraîné, donc il peut mettre plus de 24h à vous apporter les éléments attendus. Et généralement, il travaille bien.

 

Plus vous êtes aligné(e) avec votre décision, plus elle sera puissante

Phase 4 : Comment je l’annonce ? Avec quels mots ? Sur quel ton ?

Cela dépend des personnes concernées, du contexte, etc, mais le choix des mots est aussi important. Il est parfois utile de faire un petit rappel historique/chronologique pour montrer que la décision est un aboutissement de quelque chose qui a eu un début à un certain moment. C’est également intéressant de donner quelques éléments pour aider les autres à vous lire et à comprendre ce qui est important pour vous, donc ce qui aura motivé votre choix. A titre d’exemple, cela pourrait être « ce qui a pesé dans ma décision, c’est… »

Plus vous êtes aligné-e avec votre décision, plus elle sera puissante, donc difficile à contester. Plus vous utilisez la 1ère personne « Je », plus vous êtes inattaquable. Parce que vous n’accusez personne, vous ne prenez personne en otage. Vous dites juste ce que VOUS faites et pourquoi vous le faites. C’est de l’explication et non de la justification. Tout ceci demande quand même un minimum de courage et d’authenticité. Ce que vous dites et la façon dont vous le dites vous appartient. Ce que pensent les autres et leur façon d’interpréter votre décision, leur appartient. A chacun son fardeau.

 

Phase 5 : C’est fait, je respire et reprends le cours de ma vie.

Une fois que c’est annoncé, tout votre écosystème intérieur se réajuste et retrouve son fonctionnement naturel. Vous avez passé l’épreuve, vous êtes toujours vivant, vous respirez et vous allez bien.

 

Choisir, c’est renoncer 

En conclusion, pour prendre une (bonne) décision, ne pas la subir et qu’elle ne se retourne contre soi, cela requiert un peu de temps, beaucoup de calme, bien se connaître et être aligné avec soi pour pouvoir bien la vivre demain et après-demain et être capable d’assumer les conséquences parce qu’on l’a prise d’abord par rapport à soi, et non par rapport aux autres.

André Gide disait « choisir, c’est renoncer », car tout choix implique un jugement de valeur entre ce qui nous est plus ou moins bon, plus ou moins nécessaire, du moins en apparence.

Et vous, lorsque vous prenez une décision, ça se passe comment ?


Claire Couroyer